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Dossier The International 2015

Vici Gaming, finaliste malheureux

22 juillet 2014 à 11:22 | Par Darwyn | 10 commentaires

L'équipe chinoise Vici Gaming a perdu hier soir la Grande Finale de The International 2014. Elle a cependant réalisé un très beau parcours pour y arriver.


Qui aurait parié sur Vici Gaming en finale à l'ouverture de TI4 ? Peu de monde, face à des équipes comme iG (qui venait de remporter l'ESL), DK ou EG. Alliance, vainqueur de la DreamLeague, ou Na`Vi, toujours capable de surprendre, restaient en embuscade. Mais toutes ces équipes se sont effondrées à un moment ou à un autre du tournoi, face au style des deux finalistes. Vici Gaming n'a pas réussi à remporter la finale et a sans doute beaucoup déçu par ses abandons - la performance reste là.

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Le parcours d'un challenger

Quelque déception que la finale ait créé, il ne faut pas l'oublier : Vici Gaming mérite d'avoir disputé la finale. Reformée après The International 2013 (auquel elle n'a pas participé), cette équipe qui était alors l'une des rares en Chine à accorder une large place aux nouveaux venus sur la scène compétitive a recruté trois vétérans (dont rOtk, nouveau capitaine), issus d'équipes prestigieuses comme DK ou LGD. Ils rejoignent un duo de supports qui a fait ses premières armes chez VG et qui y reste.

A partir de ces changements dans l'équipe, Vici Gaming devient clairement l'une des meilleures équipes chinoises. Elle remporte en décembre deux tournois, dont l'un à l'extérieur contre des équipes comme Alliance et Fnatic. Las, elle ne parvient plus en 2014 à décrocher un seul titre et devient une abonnée des troisièmes places. Ce qui représente des performances plus qu'honorables face à des noms comme DK, iG puis NewBee, mais n'est pas idéal.

Vici réussit tout de même à se qualifier pour des tournois internationaux majeurs comme The Summit ou l'ESL One, qui se déroulent en juin 2014. Dans le dernier tournoi avant TI4, elle finit, une fois de plus, à une décevante 5-8ème place. L'appétit de victoire s'aiguise sans aucun doute et VG arrive à TI4, où elle a été invitée pour la première fois, des ambitions plein la tête.

 

The International 2014

Vici Gaming s'impose dès le début du tournoi comme l'un des plus sérieux prétendants à l'Aegis, puisqu'elle termine à la première place du tournoi en round Robin avec un score impressionnant de douze victoires pour seulement trois défaites. Cela lui permet de sauter la phase suivante (les poules) et d'accéder dès le départ à l'Upper Bracket. Elle s'assure ainsi au moins la sixième place au classement final, soit un gain d'un minimum de 650 000 $ - huit fois plus que ce que l'équipe a gagné depuis sa le début de la saison.

Elle affronte en Upper Bracket NewBee, qui, après un tournoi en round Robin difficile, avait dominé la poule B où se trouvaient des équipes comme Na`Vi et iG. Les deux équipes se connaissent bien. NewBee l'anéantit en la battant à son propre jeu - c'est le seul match en Bo3 perdu par VG avant la Grande Finale. Tombant en Lower Bracket, Vici Gaming démolit successivement, le dimanche 20 juillet, Cloud 9, DK puis EG. Elle gagne ainsi la possibilité de prendre sa revanche contre NewBee.

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Vici Gaming à TI4

Arrive la Grande Finale, lundi soir : le match retour de l'Upper Bracket. VG sort de ses habitudes dans la première partie, en prenant pour la première fois du tournoi un Brewmaster excellemment incarné par Super. Cela donne une victoire incontestable. Les trois parties suivantes, en revanche, se sont suivies et se sont ressemblé : NewBee a choisi des compositions pensées pour résister à l'agression précoce de Vici Gaming, qui s'est brisée les dents encore et encore, en essayant désespérément de trouver une faille. VG n'a pas vraiment mal joué, NewBee était simplement trop bien préparée et trop supérieure.

Les trois dernières parties, de plus en plus courtes, ont sans aucun doute été frustrantes pour les spectateurs. Elles étaient irrémédiablement perdues, certes - elles n'en laissent pas moins un goût d'inachevé. VG n'a pas manqué de combativité, en témoignent les attaques incessantes qui ont été portées contre l'adversaire pour prendre l'avantage.

Elle a plutôt fauté par manque de variété - bien qu'elle ait tenté à chaque fois de renverser le cours des choses, ses tentatives étaient finalement similaires. Peut-être aurait-il fallu essayer différemment, plutôt que de s'empaler à répétition. Elle a aussi péché par excès de lucidité : voir une défense acharnée, pas à pas, aurait probablement donné un côté plus mémorable à cette finale qui tombera vite dans l'oubli, comme un mauvais rêve.

 

Après cette défaite, VG peut garder la tête haute et se consoler avec environ 1,5 million de dollars. Le parcours réalisé a été étonnant et, face à une autre équipe que NewBee, elle aurait pu gagner. NewBee, seule équipe à la faire chuter deux fois, s'est révélée être sa Némésis.

 

Une stratégie (presque) gagnante

Vici Gaming s'est imposée dans ce tournoi contre presque tous ses adversaires en employant principalement une stratégie, portée à sa quintessence et déclinée dans de multiples variantes. Il s'agit, purement et simplement, de se regrouper aux alentours de la dixième minute, de prendre toutes les tours et de détruire la base adverse entre la quinzième et la vingtième minute. Et ce que la phase initiale sur les lignes ait été ou non à l'avantage de VG. Ce "deathball push" dévastateur a permis à VG de cumuler des victoires ultra-rapides (avant la finale, sept parties avaient été remportées entre 14 et 18 minutes par VG, un record dans cet International).

Peu d'équipes ont été capables de répondre à cette stratégie avec succès - une seule a réussi à la vaincre dans deux parties du même match, NewBee. En effet, les héros qu'on enlève à Vici lui importent peu, elle trouve toujours des moyens de mettre en oeuvre son plan, quitte à choisir des héros peu attendus comme Leshrac ou Luna. Il y a toujours assez de héros efficaces contre les tours à choisir, même si cinq d'entre eux sont bannis.

Vici Gaming ne joue pas comme les autres équipes. Elle a totalement laissé de côté les stratégies de splitpush (attaquer sur plusieurs lignes à la fois en refusant les combats) et ne mise pas sur la fin de partie - elle n'a par exemple pas joué Naga Siren une seule fois. Ce n'est pas son genre. Non, elle reste fidèle à la stratégie qui lui réussit. Et elle gagne.

Les finalistes entrent en scène - photo joinDOTA

Les finalistes entrent en scène - photo joinDOTA

 

Chaque joueur de l'équipe joue sa part dans ce succès. Sylar, le carry, est sans doute l'un des meilleurs au monde dans sa catégorie. Il est moins offensif dans son farm que d'autres, comme Burning de DK, plus prudent. Son Morphling est incomparable. Le duo de supports, Fy et Fenrir, excelle dans l'agression dès les premières minutes : cela vaut à VG le taux de first bloods le plus élevé du TI4. En attaquant très vite, ils ne laissent pas à l'adversaire le temps de le faire, et empêchent donc l'équipe opposée de prendre l'avantage. Ils obtiennent ainsi pour leur équipe le temps nécessaire pour la mise en place de la "deathball". Au mid, le Razor de Super a fait des merveilles tandis que rOtk dirige les opérations depuis l'offlane.

Elle n'a pas le jeu le plus varié, mais elle innove. Elle joue des héros comme nulle autre équipes ne l'a fait, comme le Nature's Prophet de Sylar, et ne joue pas des héros à la mode comme Void ou Enigma (Brewmaster n'a été joué qu'une seule fois, en finale). Bref, elle ne se soucie pas de copier les autres : elle joue à sa façon, avec une stratégie qu'elle a perfectionnée par-dessus tout, et que seule NewBee parvient à égaler. Les parties de Vici Gaming, dans cet International, se sont beaucoup ressemblé, mais n'ont été semblables qu'à elles-mêmes.

 

Pourquoi, alors, n'a-t-elle pas gagné ? La stratégie phare de Vici Gaming repose largement sur le début de partie. Les rotations des supports (ou du Nature's Prophet s'il y en a un) sont déterminantes. Si elles sont réussies ou font match nul, tout va bien. Le héros mid peut renverser le cours des choses : Super l'a fait souvent avec Razor, Death Prophet... autant de héros systématiquement bannis en finale. Si tout échoue, l'élan est brisé et il faut absolument trouver un moyen de rebondir, en agressant à nouveau. La seule équipe qui a été capable de contrer véritablement cette stratégie était malheureusement en finale.