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Dossier The International 2015

En route pour : The International 3

Publié le | Dernière mise à jour le

 

 

Résumé des épisodes précédents :

L’été est là (il paraît que ça fait quelques semaines mais le climat m’indique que cela fait à peine quelques jours ; bref) et le mois d’août approche. Avec le mois d’août, une échéance attendue par ceux qui suivent la scène compétitive de Dota 2 : la troisième édition du grand tournoi organisé par Valve (le seul tournoi, d’ailleurs, sponsorisé directement par Valve), l’International (ou plus exactement, The International, ce qui explique les initiales TI, TI2 pour le deuxième qui s’est déroulé l’an dernier ; TI3 pour l’édition à venir cet été). Il s’agit d’un tournoi prestigieux et aux enjeux énormes puisque la cagnotte des éditions précédentes était de 1,6 million de dollars, et que celui de cette année dépasse les 2 millions (l’argent supplémentaire provenant d’une partie des ventes de Compendium, un item disponible sur le magasin Steam). Et puisque c’est la troisième édition, avant de se pencher sur cette année, revenons un peu en arrière pour parler des deux précédents tournois !

 

The International I

Le premier tournoi The International eut lieu à Cologne, à la Gamescom. Ce fut aussi la première fois que Dota 2 se montrait au grand jour, ce qui a abouti à des records en nombre de spectateurs (tous streams confondus et avec l’aide de la Chine, des pics aux alentours de 4 millions). Si le tournoi créa la sensation, il y avait, a posteriori, un grand nombre de défauts.

Tout d’abord, la plupart des équipes n’étaient pas encore bien familiarisées avec le moteur et jouaient pour l’essentiel au DotA de Warcraft 3 jusqu’alors. Par conséquent, les équipes avaient beau être les meilleures, elles n’étaient pas au top de leur forme et le show aurait pu être plus impressionnant. De plus, le lieu dictait un format assez court et la quasi-totalité du tournoi s’est déroulé en Bo1 (Best of 1 : une seule partie est jouée, le gagnant avance) alors que le format principal dans les tournois de Dota est le Bo3 (Best of 3 : deux manches gagnantes, pour un maximum donc de trois parties). Seuls trois matchs ont été disputés en Bo3 et la finale en Bo5 (Best of 5 : il faut triompher sur 3 maps pour l’emporter).

Natus Vinctere, champions du monde 2011
Natus Vinctere, champions du monde 2011

Malgré la découverte du jeu, forcément excitante, il y a eu plusieurs problèmes : la surcharge des streams a rendu les premiers jours assez chaotiques. Le premier match a sans doute été mal choisi également puisqu’il montrait deux équipes chinoises et que le tout premier match a donc été long et peu intéressant. De plus, le pool de héros limité a rendu le tournoi centré autour des picks Spectre, Antimage et Weaver, avec des item builds similaires et globalement peu passionnants.

Ces inconvénients mis à part, le spectacle fut impressionnant et le tournoi marqua le début de Dota 2 (les premières invitations à la Beta arrivèrent peu après, d’abord pour les sites spécialisés puis en plus grand nombre ; et de plus en plus d’équipes et de tournois firent la transition entre le DotA de Warcraft 3 et Dota 2).

 

The International 2

Une organisation à la mesure de l'évènement

La deuxième édition du tournoi reprit la formule et la rendit bien plus grandiose encore. Elle troqua les locaux de la Gamescom pour le Benaroya Hall, à Seattle, lieu qui accueillera également la troisième édition. C’est la première chose à retenir du tournoi, avant même de parler de la qualité du tournoi en terme de niveau de jeu : on est passé d’une convention, au milieu d’autres jeux, dans des conditions décentes au mieux, à un véritable théâtre dédié à cela, avec beaucoup de place, un public présent et donc les encouragements donnaient un véritable côté épique aux parties (pendant les matchs de compLexity Gaming, chaque action de l’équipe américaine était ponctuée par les cris « USA, USA ») et on sentait l’engouement de tout le monde, même en regardant le stream.

C’était prestigieux, c’était de bonne qualité, les casters les plus prolifiques étaient tous présents, entre chaque partie, quatre personnalités parlaient du match à venir (Nebula, un commentateur de DotA, moins actif désormais, 2GD, que l’on connaît, « Statsman Bruno », que personne ne connaissait à l’époque, et Godz, caster spécialisé dans les tournois asiatiques. En bref, la qualité de production, qui manquait tout de même quelque peu, est montée en flèche depuis la première édition du tournoi.

Seattle, the International 2 : une mise en scène grandiose
Seattle, the International 2 : une mise en scène grandiose

The International 2, c’est aussi, véritablement, le produit d’une année de Dota 2, et les meilleures équipes de l’année qui s’affrontent. The International 1 avait ses inconvénients : un certain nombre de bugs, un pool de héros très restreint et surtout, des équipes peu habituées au jeu lui-même puisqu’il n’avait été mis entre leurs mains que quelque temps auparavant. Les équipes lors de la deuxième édition étaient vraiment au top de leur forme, et à l’exception du désastre de quelques équipes (m5 et Darer, notamment), ont toutes montré un niveau de Dota incroyable.

Pour le trivia, notons que MUFC devait prendre part au tournoi mais qu’un souci de passeport a empêché l’équipe d’arriver. Heureusement, Valve avait invité les runner-ups de chaque tournoi de qualification, à savoir Mousesports et World Elite. La victoire 3-0 de Mouz leur a offert une chance de jouer au TI2 au lieu de juste y assister comme spectateur. Cependant, l’équipe ne s’était absolument pas préparée comme les autres puisqu’il n’était pas prévu qu’ils participent et cela s’est ressenti dans leurs résultats.

 

Le déroulement du tournoi

Le tournoi lui-même a commencé en LAN, quelques jours auparavant, à Seattle mais sans être dans le théâtre et sans le public. C’était la phase de groupes : les 16 équipes ont été divisées en deux groupes de 8. Chaque équipe rencontrait les autres de son groupe dans un Bo2 (Best of 2 : deux parties sont jouées ; cela peut donc se traduire par une victoire 2-0 ou par une égalité).

Les groupes ont vu la domination intense des équipes asiatiques. LGD.cn est sorti avec un parfait 14-0 de cette phase, et dans l’autre groupe, les chinois de DK sont sortis en tête avec un 13-1 traduisant une forme toute aussi impressionnante. A l’inverse, Na`Vi, les tenants du titre, ont montré de gros signes de faiblesse.

Les quatre premiers de chaque groupe se sont vu offert une place dans le Winners Bracket, les quatre derniers dans le Losers Bracket. Le reste du tournoi s’est joué en Double Elimination : les équipes perdant un match dans le Winners Bracket tombent dans le Losers Bracket ; perdre un match dans le Losers Bracket signifie être éliminé du tournoi.

The International 2013 reprend cette façon de procéder, avec des phases de groupes suivies d'un affrontement Winners Bracket / Losers Bracket / Grande finale.

 

Les rebondissements des phases finales

Le tournoi a montré son lot d’évolutions et de surprises : LGD.cn, que l’on savait en forme, ont démoli sans montrer signe de faiblesse toutes les équipes croisant leur chemin (aucune défaite depuis le début du tournoi, aucune map perdue) jusqu’à tomber sur l’os que représentait Na`Vi, qui leur arracha une victoire 2-1. Na`Vi venait déjà de vaincre DK et élimina ensuite iG de la sorte. A ce moment-là, Na`Vi étaient les champions occidentaux et le hall résonnait des « Na`Vi, Na`Vi », scandés par la plupart des spectateurs.

Pourquoi cet engouement ? D’abord parce que Na`Vi, non content d’avoir éliminé les trois équipes chinoises qui semblaient invincibles, était la dernière équipe occidentale en lice (et la seule équipe occidentale dans le top 8). Egalement, parce que Na`Vi a réussi à adapter le metagame au fur et à mesure du tournoi, notamment en développant un contre au combo Naga Siren / Dark Seer qui dominait jusque-là. A l’époque, Dark Seer pouvait utiliser son Vacuum pendant l’ulti de Naga, ce qui en faisait un combo d’une puissance effrayante. En parvenant ainsi à briser Naga Siren, sur le dos de magnifiques combos (tout le monde retiendra cet engagement : http://www.youtube.com/watch?v=MqY4_rj1XN4).

Mais aussi en raison une attitude vaguement trollesque (Dendi qui, après avoir triomphé d’iG, sort du booth où les équipes jouent en dansant Gangnam Style – c’était avant que le morceau ne devienne le phénomène qu’il est devenu par la suite) et d’une foule de petits moments de bravoure (Puppey qui « bodyblock » le Brewmaster de Super, dans le match contre DK, avec les loups de Lycan, offrant le kill à son équipe), Na`Vi a fait du tournoi un moment vraiment épique. Malgré cela, iG finit par triompher lors du « match retour », à savoir la finale, par un score de 3-1.

Invictus Gaming, champions du monde 2012
Invictus Gaming, champions du monde 2012

Que retenir de ce tournoi ? En terme de jeu, ce fut la domination de Morphling et d’Antimage, et la peur du combo Naga / Dark Seer, jusqu’à ce que Na`Vi ne montre brillamment comment l’affronter. En terme de production et de spectacle, ce fut un franc succès sur lequel ne plana qu’une petite ombre : le décalage horaire fit que, pour les spectateurs européens, les finales se jouaient à des heures impossibles de la nuit et qu’avec toute la bonne volonté du monde, regarder du Dota jusqu’à 7 heures du matin était un petit peu difficile.

 

Mais essentiellement, la qualité incroyable du tournoi a contribué à susciter l’attente de toute la communauté suivant les compétitions de Dota pour cette troisième édition à venir. The International est le tournoi d'e-sport aux plus grosses récompenses qui ait jamais existé, grâce au financement par toute la communauté des joueurs : Valve a fort à faire pour que le spectacle soit à la mesure de l'investissement de la communauté.

Est-ce que Valve parviendra à améliorer encore la recette pour continuer de faire de ce tournoi le pilier central de Dota 2 comme eSport ? Les équipes occidentales parviendront-elles à briser la domination asiatique ? L’équipe Na`Vi, avec certes deux joueurs changés plus tôt dans l’année, parviendra-t-elle à se hisser de nouveau jusqu’au podium pour la troisième année consécutive, voire jusqu’à la première place ?

Rédigé par Danelaan