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Dossier The International 2015

Résumé, résultats et bilan de The International 2013 (2)

Publié le | Dernière mise à jour le
Sommaire
  • 2. Résumé, résultats et bilan de The International 2013 (2)

Bilan : les enseignements de The International 2013

Plusieurs conclusions peuvent être tirées de cet International 2013, qui permet de faire le point sur l'état du jeu compétitif, dans la mesure où il est le seul tournoi faisant s'affronter les meilleures équipes de tous les continents. En effet, la scène compétitive connaît une coupure entre l'Asie et l'Occident, même si certaines équipes de chaque zone peuvent être épisodiquement invitées dans un tournoi de l'autre partie du globe.

 

La Chine n'est plus la patrie reine de Dota 2

En 2012, les équipes chinoises ont dominé The International, qu'il s'agisse de iG (vainqueurs), LGD.cn ou DK. Leur exécution hors normes de la stratégie dominante, les capacités impressionnantes des joueurs de héros carry à trouver du farm étaient sans égales. Seule Na`Vi était parvenue à tirer son épingle de ce tournoi, puisque il s'agissait de la seule équipe non-chinoise sur le podium.

En 2013, tout a changé : il n'y a aucune équipe chinoise dans le top 3 du tournoi. Des équipes réputées comme extrêmement solides et parfois (souvent) données favorites ont échoué inévitablement face à Alliance, Na`Vi, mais aussi face à Orange ou d'autres équipes occidentales (Liquid qui élimine LGD.cn notamment).

Pourquoi cette chute soudaine des équipes de l'Empire du Milieu ? Quelques éléments de réponse peuvent être soumis à réflexion.

  • La scène compétitive chinoise est très professionnelle. Les équipes sont très encadrées, les tournois sont très bien organisés, avec beaucoup de LAN. Il y a une grande différence face à la scène occidentale et à la scène de l'Asie du Sud-Est, qui sont marquées par une multitude de tournois plus ou moins importants, qui se chevauchent sans cesse. De ce fait, les équipes chinoises disputent moins de parties en compétition, ce qui limite les évolutions de leur style de jeu.
  • De plus, les équipes chinoises jouent essentiellement entre elles. Le cercle est relativement fermé, même si Na`Vi, Alliance ou Orange ont été invitées dans certains tournois cette année. Cette fermeture de la scène chinoise limite le renouvellement des stratégies et des choix de héros, les influences extérieures étant faibles. Le choc des cultures a parfois été fort, comme en mai, lorsque Alliance avait dominé la G-1 Champions League, en introduisant un Io auquel les équipes chinoises n'étaient pas préparées (Io n'a d'ailleurs pas été joué une seule fois par les quatre grandes équipes chinoises à The International 2013 ; il a été en revanche beaucoup banni).
  • Dans un contexte général où les stratégies se sont extrêmement diversifiées et où l'agression en début de partie est souvent une clef pour la victoire, les équipes chinoises, du fait de cette forte imperméabilité, sont parfois restées sur des schémas de jeu dépassés. C'est notamment le cas de LGD.cn, qui était très attendue cette année (équipe stable, ancienne, aux performances impressionnantes depuis longtemps), mais qui n'a manifestement pas réussi à s'adapter aux exigences du moment.
  • Dans l'ensemble, ce qui faisait la force de la Chine l'an passé, à savoir le professionnalisme, l'entraînement acharné, le peu de dispersion dans des tournois mineurs... semble aujourd'hui être sa principale faiblesse. Se confronter davantage à des équipes étrangères pourrait être très profitable aux équipes chinoises, qui conservent un énorme potentiel.
Invictus Gaming, champions du monde 2012
Invictus Gaming, champions du monde 2012

 

Ce qui marche, ce qui échoue

Lors de The International 2013, les stratégies ont été très variées. Certaines ont bien fonctionné, d'autres se sont révélées inefficaces. De même, certains héros, attendus ou surprenants, se sont montrés décisifs tandis que d'autres ont échoué.

Deux tiers des héros disponibles environ ont été joué au moins une fois dans The International 2013 (83 exactement). C'est un nombre élevé comparé aux 66 héros joués l'an passé. Cependant, dans l'ensemble, jouer des héros originaux n'a pas vraiment payé, sauf exceptions : hormis Pudge (choisi trois fois par Na`Vi), la majorité des héros joués moins de cinq fois a un faible taux de victoires. Les picks surprises ne se sont donc pas imposés comme des atouts pour les équipes qui les ont employés.

Pour les héros qui ont été au contraire les plus présents dans les parties ou dans les drafts, force est de constater qu'en définitive, ils ont plutôt mené leur équipe vers la victoire : sur les quinze héros joués plus de 40 fois lors du TI3, seuls quatre ont un taux de victoire inférieur à 50 % (Rubick, Alchemist, Dragon Knight et, sans doute parce qu'il a été bloqué au bon moment, Batrider).

Les héros qui se sont révélés les plus utiles, avec un taux de victoire très élevé, sont souvent des supports : Chen, Io, Crystal Maiden, Earthshaker, Keeper of the Light. La capacité à élargir le panel des supports disponibles (au-delà de Visage, Naga Siren, Rubick, Bane, Shadow Demon...) a été une clef pour les équipes les mieux classées.

crystal maiden chen visage rubick

 

Le métagame a complètement changé depuis l'an passé

Il avait été montré, dans un article précédant l'ouverture de The International 2013, que le métagame avait été transformé en un an : il n'y avait plus une ou deux stratégies mais des multitudes. The International 2013 a confirmé cette tendance et a également consacré définitivement le déclin des stratégies passées.

Le 4-1 et le fast push, stratégies largement dominantes l'an dernier, ont eu des résultats nettement moins bons : pour la première, les équipes chinoises qui l'ont tenté s'en sont rarement bien sorties, tandis que pour la seconde, Na`Vi a échoué à la mettre en place contre Alliance lors de la seconde partie de la finale de l'Upper Bracket.

Si l'on observe les héros très joués l'an passé et cette année, l'on constate un fort renouvellement. Seuls cinq héros très présents en 2012 ont été présents dans les drafts en 2013 à un niveau à peu près similaire : Chen, Dark Seer, Naga Siren (mais son rôle a changé, elle est passée de carry à support), Nature's Prophet et Lone Druid.

Tous les autres héros très présents dans les phases de ban ou de pick en 2013 en étaient absents ou presque l'an passé : c'est le cas notamment de Batrider (100 % de présence cette année sur tout le tournoi), de Visage, de Lifestealer, Outworld Devourer, Dragon Knight...

La plus grande partie des héros phares en 2012 a en revanche complètement disparue : Lycnathrope, Invoker, Leshrac, Tidehunter, Venomancer, Morphling, Broodmother, Brewmaster... Ces disparitions viennent parfois de nerfs qu'ont subis ces personnages (Lycan, Morph...), mais aussi des changements dans les stratégies : les héros dédiés au fast push sont beaucoup moins présents, alors que, paradoxalement, on a vu lors de TI3 des tours prises extrêmement tôt.

De nombreuses équipes ont favorisé une structure dites "tri core heroes", c'est-à-dire d'avoir sur chaque ligne un héros capable de carry la partie avec son farm. Cela divise l'or obtenu par l'équipe, trois personnages cherchant à obtenir de l'or au même moment, mais cela permet également de ne pas mettre ses oeufs dans le même panier : si un carry se fait étouffer, cela veut dire que les deux autres sont plus ou moins libres. D'autres équipes ont choisi de moduler ce schéma avec deux héros de carry et un héros de teamfight capable d'opérer une transition vers un mode semi-carry (Puck, Dark Seer...).

shadow fiend dragon knight razor nature's prophet weaver

 

L'heure est à l'agression

Si l'on regarde le top 8 de The International, une tendance nette se dégage : les équipes qui ont un jeu agressif (Orange, Na`Vi, Liquid, Fnatic), un jeu relativement agressif par rapport aux équipes de leur zone (TongFu) ou un jeu polyvalent, qui laisse une part non négligeable à l'agression rapide (Alliance), dominent le tournoi. A l'inverse, peu d'équipes qui ont un jeu au tempo lent, orienté vers le farm, entrent dans ce top 8 (DK, iG).

Les évolutions du métagame de ces derniers mois ont semble-t-il favorisé la tendance à l'agressivité rapide qui se transforme en avantage de plus en plus grand pour étouffer le jeu adverse. Les équipes qui se concentrent sur la défense d'un carry et la construction patiente d'une différence capable de renverser la partie s'en sont moins bien tirées.

En définitive toutefois, c'est la polyvalence qui a été récompensée : Alliance a su manier tous les styles de jeu, de l'agression calculée (contre Na`Vi notamment) au split push, en passant par un jeu très prudent "à la chinoise".

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Rédigé par Darwyn