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Dossier The International 2015

Rétrospective #4 : la saison 2012-2013

Publié le | Dernière mise à jour le
Sommaire

La saison 2011-2012 était celle des débuts, encore balbutiants, de la compétition Dota 2. La saison suivante marque l'ancrage définitif du jeu dans l'e-sport avec le débarquement massif des troupes chinoises et de leurs tournois à prix élevés. Pourtant, cette année encore, l'Europe apparaît comme le coeur du Dota 2 compétitif.

 

Le basculement des équipes chinoises et la fin du DotA compétitif

La Chine fournissait de gros bataillons de compétiteurs et de compétitions sur DotA. Les structures chinoises sont restées sur le client Warcraft III pendant longtemps, elles ne croyaient globalement pas en Dota 2 jusqu'à The International 2012. Valve s'intéressait évidemment au marché potentiel que représentait la Chine, et s'implante dans l'Empire du Milieu par un partenariat avec Perfect World en octobre 2012.

Quelques mois plus tard, les premiers serveurs Dota 2 sont ouverts en Chine et Perfect World lâche les clefs d'accès progressivement - au compte-gouttes d'abord, puis plus largement. L'engouement autour de Dota 2 est bien orchestré et le jeu supplante quelques mois après The International DotA dans les compétitions : après la conclusion de la ACE DotA Pro-League en septembre 2012, seuls les World Cyber Games (WCG) de décembre 2012 se déroulent en partie sur DotA en Chine - mais le tournoi Dota 2 est plus largement doté, 33 000 $ contre 17 000 $ pour DotA.

La G-1 Champions League est le premier tournoi chinois majeur qui se déroule sur Dota 2. La saison 4 (octobre-novembre 2012) est remportée par LGD.

Les autres organisateurs de tournois en Chine ont basculé complètement sur Dota 2 : la G-1 Champions League lance sa saison 4 sur Dota 2 fin octobre, quelques jours après la signature du partenariat entre Valve et Perfect World ; la G-League débute en décembre sur le même support. Les grandes équipes ont suivi le mouvement et ont déserté le jeu originel. Le DotA compétitif en Chine s'éteint pour de bon au tournant des années 2012-2013. Dota 2 a largement réussi son pari d'absorber la scène chinoise.

Seule la scène sud-est asiatique demeure à cette époque en partie sur DotA, avec un dernier tournoi important, le SMM Grand National Final DotA Tournament en décembre 2012. Joué en Malaisie, ce tournoi à 37 000 $ voit le triomphe des équipes philippines, avec des équipes importantes qui s'impliquent. Le même tournoi l'année suivante (octobre 2013) n'est plus que son ombre avec environ 5 000 $ de prix seulement et des équipes de second plan qui ne sont pas passées sur Dota 2.

 

Dota 2 vers sa sortie officielle

Si Dota 2 parvient à phagocyter pour de bon son prédécesseur, c'est que le développement du jeu se poursuit à bonne allure. Dota 2 rattrape rapidement son retard sur DotA, notamment en termes de versions : sur la fin de la saison, la 6.78 est déployée sur les deux clients à peu près simultanément, sauf pour les deux nouveaux héros ajoutés (Earth Spirit et Oracle). La version 6.79, sortie fin 2013, voit même l'inversion des rôles puisqu'elle est mise en place sur Dota 2 avant DotA.

Douze héros supplémentaires ont été ajoutés entre TI2 et TI3 (seuls dix héros de DotA manquent à l'appel à ce stade), de Meepo à Abaddon. Ce dernier est le premier héros à sortir sur la version finale de Dota 2, qui est officiellement sorti de sa phase de bêta test le 10 juillet. La bêta n'était cependant plus qu'une appellation formelle depuis de nombreux mois, les clefs en circulation excédant largement le nombre de demandeurs ; la sortie officielle a pourtant drainé de nouveaux joueurs. L'arrivée des objets cosmétiques en masse au cours de la saison et le premier évènement (Diretide 2012) jouent aussi sur l'image et le succès du jeu.

La saison 2012-2013 a vu le déploiement de quatre versions majeures, qui ont toutes eu des incidences fortes sur les compétitions. C'est la version 6.78 de mai 2013 qui a introduit le principal changement avec la refonte du Captain's Mode, qui devient alors ce qu'il reste aujourd'hui : les phases de picks et de bans ont subi un changement de rythme et une alternance plus marquée pour rendre le moment du draft plus stratégique.

Pré-6.78 : deux bans par équipe, trois picks, trois bans, deux picks

En 6.78 : deux bans, deux picks, deux bans, deux picks, un ban, un pick

 

De plus en plus de tournois

La croissance de la scène compétitive est forte dès les premiers mois qui suivent The International 2012 : alors que l'on comptait douze tournois à plus de 10 000 $ sur la saison 2011-2012, treize tournois de cette importance sont organisés entre septembre et décembre 2012. Sur l'ensemble de la saison 2012-2013, ce sont 34 tournois majeurs qui se déroulent en tout, soit près du triple de la saison compétitive précédente.

Cette croissance est encore plus marquée au niveau des prix : près de 950 000 $ sont distribués en tout dans ces tournois majeurs, soit cinq fois le montant total de la saison 2011-2012. Si l'on ajoute à cette somme les gains distribués par les tournois moins importants, on arrive à un peu plus d'un million de dollars (1 009 200 $) - ce qui indique d'ailleurs que la croissance du nombre de tournois et des prix a avant tout concerné les tournois majeurs, puisque le total des prix distribués dans les tournois mineurs est resté à peu près stables autour de 60 000 $.

Le montant maximal atteint par un tournoi Dota 2 s'élève à 160 000 $, soit 10 % du prix de The International en 2011 et 2012. Il s'agit de la Dota 2 Super League (Chine), qui est toutefois d'une exception : aucun autre tournoi de la saison ne dépasse la barre des 100 000 $, le suivant étant la G-1 Champions League (Chine) à 65 000 $.

La Dota 2 Super League, mai-juillet 2012 : premier tournoi hors International à franchir la barre des 100 000 $ sur Dota 2 (un montant jamais atteint sur DotA ou HoN).

De manière nullement surprenante, les prix les plus importants correspondent à des tournois chinois : les quatre tournois à plus de 50 000 $ de l'année ont tous été joués là-bas. Les tournois chinois se distinguent dans l'ensemble par l'ampleur de leurs prix, puisque sur les sept tournois majeurs joués en Chine, le prix minimal est de 21 100 $, ce qui correspond à un montant dépassé seulement dans un tiers des tournois joués ailleurs. Les sept tournois chinois représentent à eux seuls 434 000 $. Autrement dit, moins de 20 % des tournois ont représenté 47 % du total de l'argent mis en jeu.

Pour autant, l'Europe demeure la région en pointe quant aux compétitions : la majorité des tournois s'y déroulent, ce qui concerne tant ceux joués online que les finales en LAN (les deux tiers des LAN se sont tenues en Europe). La différence avec la Chine repose donc sur l'ampleur des tournois, plus nombreux mais aussi plus modestes en Europe - seuls quatre d'entre eux distribuent plus de 30 000 $.

Les autres régions sont nettement en retrait. L'Asie du Sud-Est organise cependant trois LAN au cours de la saison, la plus importante étant The Asia 2012 en Malaisie. L'Amérique, avec une seule LAN purement régionale (les finales de l'American Dota League), est la lanterne rouge du paysage compétitif. Les tournois purement online y sont en revanche plus courants.

Equipe Alliance (roster actuel)

Alliance remporte la DreamHack Summer en juin 2013.

Les tournois Dota 2 laissent de plus en plus de place à des concurrents issus de qualifications, qu'il s'agisse de qualifications via des ligues, des systèmes de ladder ou des séries courtes de matchs online. Pour autant les invitations directes restent une pratique courante : rares sont les tournois qui n'y ont pas recours pour s'assurer de la présence d'équipes prestigieuses, capables d'attirer l'attention du public.

La plupart des tournois de la saison 2012-2013 se jouent en vase clos et sont repliés sur les équipes de la région qui les organisent. Les principales porosités se font entre Europe (Est et Ouest confondus) et Amérique, entre Chine et Asie du Sud-Est. Très rares sont les rencontres entre Orient et Occident cette saison-là. La G-1 Champions League (Chine) innove en permettant à des équipes occidentales de se qualifier lors de ses saisons 4 et 5. L'Alienware Cup (Chine) de juillet 2013 se joue avec un invité occidental, Na`Vi. Mais il ne s'agit là que d'exceptions, l'âge des compétitions globales est encore loin.

 

L'année de l'Europe

La première saison compétitive avait été totalement écrasée par le poids de Na`Vi. En 2012-2013, il n'y a plus une équipe qui écrase à ce point le paysage compétitif. La multiplication des tournois, l'émergence de compétitions chinoises largement séparées et l'arrivée de concurrents sérieux empêchent l'hégémonie d'une seule.

Dans l'ensemble, les équipes européennes restent les plus en vue. Elles représentent plus de la moitié des finalistes des compétitions majeures de la saison, avec un partage à peu près équilibré entre équipes ouest- et est-européennes. Il y a donc eu un rééquilibrage entre l'Europe de l'Ouest et la zone CIS, au profit de la première. Cette prédominance des équipes européennes découle avant tout du plus grand nombre de tournois se déroulant en Europe. L'importance des équipes américaines (16 %) vient à la fois des compétitions américaines et de la capacité à jouer dans les tournois européens.

Plus de compétitions en Europe, des équipes européennes qui ont joué beaucoup plus sur l'ensemble de la saison, qui ont donc bénéficié d'une exposition bien plus importante que leurs vis-à-vis, notamment chinois : l'Europe apparaît en pointe sur l'ensemble de la saison. Pour autant, la répartition des gains ne reflète qu'imparfaitement cet état de fait, dans la mesure où les tournois chinois ont été certes moins nombreux, mais beaucoup plus rémunérateurs.

Sur les cinq équipes ayant gagné le plus d'argent en 2012-2013, trois sont chinoises, deux européennes. Ces cinq équipes ont capté 48 % de l'argent distribué dans les compétitions au cours de la saison (51 % des prix des seules compétitions majeures), signe d'une ouverture du paysage : ce pourcentage s'élevait à 70 % pour la saison précédente. Les gains sont plus importants sur la saison, ils sont aussi mieux répartis.

Au-delà des bons résultats engrangés par les équipes chinoises (quatre dans le top 10 des gains les plus élevés) qui s'expliquent par le différentiel entre les sommes mises en jeu sur la scène chinoise et sur les autres scènes, il faut noter l'excellente tenue de deux équipes, Na`Vi cette saison encore, et surtout Alliance, une équipe suédoise agrégeant des anciens de la compétition DotA et des joueurs plus neufs. Formée fin 2012 sous le nom de NoTideHunter, elle finit par se structurer et par s'imposer comme l'une des principales forces de la saison.

Alliance et Na`Vi ont toutes deux remporté sept tournois majeurs sur la saison. Na`Vi n'a pas perdu une seule finale, Alliance une seule (de manière amusante, elles ne se sont jamais rencontrées sur une finale pendant la saison). Surtout, les deux équipes ont réussi à s'imposer dans le tournoi chinois où elles ont été invitées : Alliance termine à la première place dans la saison 5 de la G-1 Champions League fin mai sans perdre une seule manche, Na`Vi emporte au forceps le trophée dans l'Alienware Cup début juillet en battant les plus fortes équipes chinoises (TongFu, iG et LGD en finale).

En somme, non seulement Alliance et Na`Vi ont été les plus titrées sur la saison, mais elles ont en outre été les seules équipes extérieures à la scène chinoise qui sont parvenues à vaincre à domicile. The International 2013 allait confirmer quelques mois plus tard la domination de ces deux groupes européens.

A suivre...

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16 commentaires Rédigé par Darwyn