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Dossier The International 2015

Les équipes de The International 2019 : TNC Predator

16 juillet 2019 à 14:57 | Par Darwyn | 127 commentaires

Le huitième article faisant le tour des futurs concurrents de la plus grosse compétition annuelle porte sur une équipe venue des Philippines, TNC Predator.


Avec TNC Predator, dite couramment "TNC", on aborde désormais les équipes qui n'ont obtenu leur qualification qu'au cours du dernier Major de l'année, l'EPICENTER, avec un nombre de points DPC relativement réduit. Pour autant, TNC est sans aucun doute prête à en découdre pour remporter la plus grosse part possible du gâteau, dont la valeur totale a largement dépassé celle de l'an dernier (25,5 millions de dollars en 2018). Deux personnalités de la FroggedTV, Hugo et Guiguioh, nous diront en conclusion si TNC Predator a les moyens de ses ambitions.

Retrouvez les articles précédents :

  1. Virtus Pro, vers un nouveau top 6 ? (invités : Llewela et Hugo)
  2. Team Secret, les archi-favoris (invités : Guiguioh et Renard)
  3. Vici Gaming, la jeune génération chinoise en force (invités : YouYou et Whyll)
  4. Team Liquid, en route pour un deuxième Aegis ? (invités : Hugo et Namax)
  5. Evil Geniuses, probable médaille de bronze (invités : Luciqno et Profchen)
  6. PSG.LGD, le désir de revanche (invités : v0ja et Ap0c)
  7. Fnatic, le pari de la dernière chance (invités : YouYou et SalteaJR)

 

La meilleure équipe pinoy

L'émergence de TNC Pro Team date de l'hiver 2015-2016. Jusqu'alors à peu près invisible sur la scène internationale, elle commence à s'affirmer face à d'autres structures philippines, dans une région en plein bouillonnement. Les qualifications pour TI6 la mettent en lumière. Alors qu'elle participe pour la première fois à The International, elle atteint le top 8. Elle perd cependant plusieurs joueurs dans le reshuffle qui s'ensuit.

Au fil des saisons suivantes, TNC continue de faire le vide autour d'elle. Dans les Philippines, Mineski est en pleine déliquescence et aucune line-up ne s'impose durablement, laissant le champ libre. TNC, renommée TNC Predator, accède à chaque International, sans parvenir pourtant à égaler son parcours de 2016 : top 12 en 2017, top 16 en 2018. Dans la zone SEA, elle est incontestablement l'une des meilleures équipes, mais généralement comme numéro 2, derrière Fnatic souvent ou, selon les années, Team Faceless ou Mineski (qui s'internationalise en 2017-2018).

La line-up actuelle se forge progressivement. Kuku est présent sans interruption depuis le printemps 2015, Tims depuis la fin de l'année 2016. eyyou, le capitaine actuel, faisait déjà partie de TNC en 2015-2016. Il y a incontestablement une stabilité notable au sein de la structure, les joueurs restent souvent plusieurs années. Des noms marquants des années précédentes ont toutefois disparu cette saison : Raven et Sam_H, qui faisaient partie de TNC depuis 2015, quittent le roster lors du reshuffle qui suit TI8.

Il faut dire que ce tournoi a été rude pour TNC Predator, comme pour la plupart des équipes asiatiques. Avec un score de 7-9 en phase de groupe, l'honneur est sauf mais les Playoffs débutent en Lower Bracket. L'élimination est immédiate et elle est d'autant plus douloureuse qu'elle est infligée par Mineski, au terme d'une partie dominée tout du long par... TNC. Elle intervient en outre après une saison loin d'être mauvaise, avec plusieurs top 8 dans des Majors. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que l'équipe ait ressenti la nécessité de changements d'ampleur.

 

Une saison tout en nuances de gris

La nouvelle saison s'ouvre donc sur l'arrivée de deux nouveaux joueurs : Gabbi remplace Raven comme carry, ninjaboogie prend le poste de support et de capitaine. En parallèle, Kuku change une nouvelle fois de poste, puisque cet ancien joueur mid passé support bascule à l'offlane jusque-là solidement tenue par Sam_H.

Les premiers résultats sont encourageants : TNC Predator se qualifie pour tous les tournois importants à l'automne, décroche un beau top 6 dans le Major de Kuala Lumpur en dépit d'un départ peu encourageant. Le Chongqing Major, joué sans Kuku (empêché d'accéder au tournoi en raison d'un contentieux fort avec la communauté chinoise pour des propos tenus en pubgame), est nettement moins réussi.

 

TNC 2019 visuel

 

Dans la foulée de ce tournoi, TNC échoue à se qualifier pour le troisième Major, la DreamLeague, puis au Minor relié. TNC Predator change alors de capitaine : ninjaboogie part rejoindre Mineski tandis que TNC rappelle eyyou, ancien de la structure. L'embellie est rapide, avec une victoire dans un tournoi interne à la scène SEA, une qualification pour l'ESL One Mumbai (hors circuit DPC) et une victoire au WESG 2018. Tout cela n'apporte certes pas de points pour The International, mais cela apporte tout de même une grosse manne financière (500 000 $ pour le seul WESG !).

TNC échoue par la suite une nouvelle fois à se qualifier pour le cycle Major-Minor et n'atteint donc pas la MDL Disneyland Paris. L'espoir d'une qualification à The International via le circuit DPC s'amenuise et tout dépend de l'Epicenter, dernier Major de l'année. Dans l'intervalle, TNC ne brille pas à l'ESL One Mumbai, pourtant peu relevé en terme de niveau. La qualification à l'Epicenter est toutefois obtenue (mais avec un système qui diffère quelque peu des Majors précédents).

Un échec à l'Epicenter pourrait obliger TNC Predator à affronter le Qualifier SEA afin d'accéder à TI9. De plus, le groupe D semble être plus compliqué que les autres, puisque plusieurs équipes jouent leur qualification pour TI9 dans ce tournoi et qu'aucune ne se démarque vraiment. TNC crée alors la surprise en groupstage en finissant en tête après avoir battu OG puis NiP - PSG.LGD, dernière équipe du groupe, n'a pas été rencontrée à ce stade. Dans les Playoffs, TNC bat une team RNG peu convaincante, donne du fil à retordre à Vici Gaming puis s'impose contre PSG.LGD. La course s'arrête sur un top 4, le meilleur résultat de l'année, qui suffit à assurer largement la place pour TI9.

 

Les joueurs de TNC Predator

Gabbi

TNC 2019 GabbiGabbi débute la compétition assez jeune, en 2016. Après TI6, il intègre sa première équipe majeure, Execration, dans laquelle il se trouve en compagnie de Tims. Il évolue par la suite entre Clutch Gamers et Execration et participe à quelques compétitions majeures au printemps et à l'été 2017, sans réussir à atteindre The International. La saison 2017-2018 est moins réussie, ce qui n'empêche pas TNC Predator de le recruter après TI8 à la place de Raven, dans l'équipe depuis trois ans.

  • Première apparition à The International

Gabby occupe le poste de carry chez TNC. Il a une prédilection pour les héros actifs rapidement dans la partie, capables de mettre une pression importante pendant la phase de lane puis d'être efficaces en teamfight dès les premiers vrais engagements, avec un pic de puissance entre 20 et 30 minutes. On le voit en revanche beaucoup moins sur des héros qui visent la toute fin de partie.

A surveiller : Bristleback, Sven

 

Armel

TNC 2019 ArmelArmel est une addition de l'année dernière, puisqu'il rejoint TNC au cours de l'hiver 2018. Il avait intégré le monde compétitif au début de l'année 2016, avec un long moment chez Clutch Gamers où il joue d'ailleurs quelques mois avec Gabbi. Il dispute ses premières compétitions internationales dans cette structure. En janvier 2018, il participe éphémèrement à la création de la Team Admiral de DeMoN mais rejoint au bout de deux semaines à peine TNC Predator. Il est donc l'un des artisans du renouveau de cette équipe à partir du printemps 2018.

  • The International 2018 : TNC Predator, 13-16ème

Armel occupe la place de solo mid que tenait avant lui Kuku. Il prend la plupart du temps des héros qui ont un gros potentiel de carry en fin de partie et il est souvent le véritable position 1 de son équipe - la dynamique n'a finalement guère changé avec l'arrivée de Gabbi. Il a un panel de héros classiques pour un midlaner, avec une préférence assez nette pour Outworld Devourer, et on l'a beaucoup vu dernièrement sur Medusa.

A surveiller : Sniper, Kunkka

 

Kuku

TNC 2019 KukuKuku entre dans la carrière de joueur professionnel en 2015, lorsqu'il intègre Mineski. Il reste une année dans cette structure puis bascule chez TnC Pro Team au début de l'année 2016. Il ne quitte plus par la suite cette équipe avec laquelle il a disputé trois Internationaux. Cela fait de lui le vétéran et le pilier de la line-up actuelle. Il débute chez TNC en tant que mid ; début 2018, il laisse sa place à Armel pour devenir support. Après la réorganisation qui suit TI8, il change encore de poste.

  • The International 2016 : TnC Pro Team, 7-8ème
  • The International 2017 : TnC Pro Team, 9-12ème
  • The International 2018 : TNC Predator, 13-16ème

Désormais Kuku est l'offlaner de TNC, à la place de Sam_H qui occupait historiquement cette position. Ses changements incessants de poste lui permettent d'avoir des options assez larges et de sortir parfois des héros très inattendus, comme la fameuse Crystal Maiden position 3 (une seule fois !). Cependant la contrepartie est que Kuku n'est pas un offlaner très expérimenté qui fait corps avec le panel habituel de ce rôle, et il est contraint de ressortir souvent les mêmes choses, particulièrement Batrider.

A surveiller : Venomancer, Omniknight

 

Tims

TNC 2019 TimsComme la plupart de ses coéquipiers, Tims fait ses débuts en compétition au cours de la saison 2015-2016. D'abord dans des équipes secondaires des Philippines, il rejoint Execration au début de l'année 2016 et parvient presque à disputer The International cette année-là. Il part ensuite chez Rave quelques mois et intègre TNC Predator en décembre 2016, pour ne plus bouger.

  • The International 2017 : TNC Pro Team, 9-12ème
  • The International 2018 : TNC Predator, 13-16ème

Support position 4 et fier de l'être, Tims reste fidèle à son rôle quel que soit son binôme en support et quelle que soit l'identité de l'offlaner qu'il accompagne. Celui-ci est d'ailleurs son binôme d'hier, ce qui facilite la synergie. Il joue surtout des héros à fort potentiel de teamfight avec beaucoup de contrôles. On le voit énormément ces derniers mois avec Earthshaker, par exemple. Il a de nombreuses cordes à son arc, mais réutilise généralement les mêmes.

A surveiller : Earth Spirit, Phoenix

 

eyyou

TNC 2019 eyyouDernier arrivé dans la line-up actuelle, eyyou n'est pourtant pas un petit nouveau. Il débute sur la scène philippine en janvier 2015 au sein d'une structure qui revient sur Dota 2 : TnC Gaming. Il y reste un an et demi et participe à ce titre au bon parcours de TI6. Il passe ensuite dans plusieurs équipes de la zone SEA, avec un bref moment chez Fnatic. Il revient chez TNC en tant que coach début 2018 et aide le roster à l'époque de TI8, même si cela n'aboutit qu'à un top 16. Il reprend du service à l'automne 2018 dans l'équipe Lotac nouvellement formée (avec Raven, Ohaiyo...) mais n'y reste guère. En mars 2019, TNC Predator le rappelle ; il y retrouve la casquette du capitaine.

  • The International 2016 : TNC Pro Team, 7-8ème

eyyou est un support depuis toujours ou presque. Au fil des années, il varie entre positions 4 et 5 : c'est cette dernière qu'il occupe actuellement. Il pourrait en théorie facilement prendre les héros qui sont choisis pour Tims si TNC cherchait à tromper l'adversaire, en pratique cela n'est quasiment jamais fait et on le retrouve sur une petite poignée de héros, souvent très défensifs comme Oracle.

A surveiller : Ancient Apparition, Chen

 

Heen

TNC 2019 HeenVétéran incontestable de la scène coréenne, Heen a derrière lui une longue carrière, comme joueur puis comme coach. Il était actif sur DotA déjà vers 2007, puis a fait une pause compétitive à l'époque où Dota 2 n'existait pas en Corée. Il revient en selle au moment de l'ouverture des serveurs Dota 2 coréens sous l'égide de Nexon, au sein de la structure MVP (équipes Phoenix ou Hot6ix selon les moments). Il cesse de jouer à la fin de l'année 2015. Team Liquid le recrute comme coach peu avant TI6 et il accompagne ce roster pendant plus de deux ans, contribuant aux succès innombrables dont le pinacle reste la victoire à The International 2017. Il quitte Team Liquid, en perte de vitesse, à la fin de l'année 2018 et devient coach de TNC Predator quelques mois plus tard.

 

Les mots de la fin

Les années passant, TNC a beaucoup grandi et beaucoup changé. Les générations se succèdent au sein d'une équipe qui demeure inconstante, capable du pire comme du meilleur. Le shuffle du début de l'année 2019 s'avère au bout du compte payant, toutefois le caractère légèrement erratique des performances de la line-up pose la question de savoir ce que l'on est en droit d'attendre de TNC à The International. Sur ce sujet, clairement, Hugo et Guiguioh n'ont pas la même position.

Hugo : TNC est une équipe qui a toujours su regrouper les meilleurs au niveau du skill. Il leur manquait de la confiance en eux dans les phases finales, un peu d'expérience sur le plan stratégique pour pouvoir s'adapter au fil des tournois. Avec l'arrivée de Coach Heen, la line-up a gagné en maturité et a su combler une bonne partie de ses lacunes. Le dernier Major a prouvé que tout allait bien. On verra à TI9 jusqu'où ils peuvent vraiment aller !

Guiguioh : La saison de TNC, c'est une histoire en trois étapes. Un début prometteur, une mi-saison dans le néant et les dramas et, à la fin, le renouveau d'un phoenix porté par le nouveau coach. Je ne les vois pas faire mieux que top 8 à TI9, car ils ont surtout profité du fait qu'ils n'étaient plus observés. Il reste de grandes lacunes dans le jeu (salut, Kuku), leurs adversaires sauront les exploiter et il sera difficile de les compenser pour aller loin à Shanghai.